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Le réchauffement met gravement en péril la biodiversité
Monday 12 January 2004

Une étude prévoit une vague majeure d’extinction d’espèces animales et végétales d’ici à 2050.

L’homme ne sera pas, tant s’en faut, la seule victime du réchauffement climatique. Selon une étude menée par une équipe de chercheurs internationaux et dont la revue Nature publie le détail dans son édition du jeudi 8 janvier, l’évolution du climat provoquera d’ici à 2050 une vague majeure d’extinction d’espèces, autant animales que végétales. Un million d’entre elles, dit-on, pourraient ainsi être menacées à échéance de cinquante ans.

Pas moins de quatorze centres de recherche de sept nationalités ont, comme l’explique le biologiste Chris Thomas, chercheur à l’université de Leeds (Royaume-Uni) et coauteur de l’étude, "mis en commun des travaux indépendants les uns des autres, issus d’observations menées depuis plusieurs années". Leurs résultats apparaissent comme la première tentative d’estimation, à une large échelle, des probabilités d’extinction dues à l’augmentation de la température.

"Plusieurs études ont déjà été publiées sur les effets des changements climatiques sur la faune et la flore, et notamment sur les modifications d’extension géographique ou de périodes de reproduction de certaines espèces, explique Robert Barbault, directeur du département écologie et gestion de la biodiversité du Museum d’histoire naturelle. En revanche, il y a eu jusqu’ici peu de recherches sur les probabilités d’extinction liées au réchauffement."

De tels calculs ont été, cette fois, menés sur de nombreuses espèces. Ont ainsi été pris en considération plus d’un millier de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’insectes et de végétaux supérieurs, répartis sur des écosystèmes réputés très riches et recouvrant environ un cinquième des terres émergées, des Amériques à l’Australie en passant par l’Afrique australe. Selon les résultats de M. Thomas et de ses collègues, 15 % à 37 % de ce millier d’espèces seront menacées de disparition d’ici au milieu du XXIe siècle.

UNE ÉQUATION MATHÉMATIQUE

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs de l’étude se sont fondés sur les scénarios de réchauffement prévus par les experts du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ceux-ci évoquent une augmentation de la température moyenne de 0,8 °C à plus de 2 °C en fonction des régions et de l’accroissement du taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

A partir de ces estimations, les chercheurs ont évalué les variations de superficie des différents écosystèmes et, partant, les probabilités d’extinction des espèces qui y vivent. Les auteurs s’appuient, comme l’explique M. Barbault, "sur la relation entre la surface d’un milieu et le nombre d’espèces qu’il peut héberger". Cette équation mathématique liant ces différentes variables est bien connue des biologistes. "Elle se vérifie pour beaucoup de groupes comme les oiseaux, les mammifères, les plantes, ou encore les invertébrés marins, affirme M. Barbault. Et elle permet, à partir de la réduction de superficie d’un milieu, de déduire les risques d’extinction des espèces qui y vivent."

Le modèle mis en œuvre par les chercheurs a, en outre, pris en considération la capacité des plantes et des animaux à migrer hors de leur habitat d’origine, vers des régions conservant des conditions climatiques encore favorables. L’étude n’a cependant pas pris en compte les éventuelles capacités d’adaptation de certaines espèces. L’évolution génétique de mammifères, provoquée par les changements de climat, a ainsi déjà été mise en évidence (Le Monde du 21 février).

Les auteurs de l’étude précisent en outre, dans un communiqué, que l’application de leurs résultats à l’ensemble des écosystèmes et des espèces les conduits à prévoir qu’un million d’espèces - uniquement des plantes et des animaux - pourraient être menacées par le réchauffement climatique dès 2050. Cette projection, qui ne manquera pas de faire débat dans la communauté scientifique, n’a toutefois d’autre ambition, tempère d’emblée M. Thomas, "que de fournir un ordre de grandeur", et non une estimation précise du péril à venir.

Celui-ci devrait être moins sensible dans les pays de la zone tempérée. Mais si les bouleversements des écosystèmes y seront sans doute moindres, l’Institut national de recherche agronomique (INRA) a toutefois lancé récemment un programme de recherche sur les impacts des changements climatiques sur les écosystèmes cultivés (Le Monde du 19 avril 2003) et les milieux naturels. Il s’agit surtout, outre la préservation de la biodiversité, d’adapter les pratiques agricoles aux bouleversements qui s’annoncent.


See online : Article publié par Le Monde dans son édition du 09 janvier 2004 (Stéphane Foucart)

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